Le Canada se prépare à une nouvelle baisse du nombre d'étudiants internationaux.
Depuis des années, le Canada est l’une des meilleures destinations au monde pour les étudiants internationaux, un pays reconnu pour sa sécurité, son éducation de classe mondiale, sa société ouverte et ses parcours clairement définis vers l’emploi après les études. Mais chaque année apporte une nouvelle réalité. Les récits de contrôles gouvernementaux, de retards de visas et de pénuries de logements ont amené beaucoup à s’interroger sur l’avenir des études au Canada. La porte est-elle en train de se fermer, ou le pays est-il simplement en train de réorganiser sa stratégie ?
La réalité est que le Canada se trouve à un tournant de sa politique en matière d’étudiants internationaux, un point d’inflexion pour les étudiants potentiels comme pour les établissements qui dépendent de leur venue. Dans cet article, je vais vous présenter une analyse interne, fondée sur des faits, de ce qui se passe, de ce que révèlent les chiffres et de la manière de naviguer dans ce nouvel environnement afin d’atteindre vos objectifs académiques.
Pourquoi le nombre d’étudiants diminue : les raisons de la baisse
Le ralentissement du nombre d’étudiants internationaux n’est pas survenu par hasard. Au cours de l’année écoulée, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a mis en place une série de changements politiques qui ont, ensemble, transformé la manière dont les étudiants accèdent au pays.
L’un des changements majeurs est le nouveau plafond des permis d’études. Jusqu’à récemment, il n’existait aucune limite nationale. Cela a changé en 2024, lorsque le gouvernement fédéral a instauré un plafond de deux ans, réduisant le total à environ 360,000 permis — soit environ 35 % de moins que l’année précédente. En 2025, ce chiffre a été ajusté à environ 437,000. Pour la première fois, ce plafond inclut également les étudiants en master et en doctorat, et pas seulement les étudiants de premier cycle. Vous pouvez en savoir plus sur ces allocations sur le site officiel du
gouvernement du Canada .
Un autre facteur expliquant le ralentissement des permis d’études est la nouvelle exigence de la Lettre d’attestation provinciale (PAL). Avant de faire leur demande, les étudiants doivent désormais obtenir l’approbation de la province où ils prévoient d’étudier. Cela a donné davantage de contrôle aux provinces, mais a également entraîné des retards initiaux lors de la mise en place des systèmes.
Les règles du permis de travail postdiplôme (PGWP) ont également changé. Depuis fin 2024, les étudiants inscrits dans certains programmes sous licence ne sont plus admissibles. De plus, les permis de travail ouverts pour les conjoints sont désormais généralement limités aux partenaires d’étudiants inscrits en master ou en doctorat — un changement important par rapport aux règles précédentes. Ces détails ont été mis en évidence dans un
rapport de KC Overseas Education .
Selon le gouvernement, ces mesures visent à atténuer la pénurie de logements et à réduire la pression sur les services publics. Toutefois, pour les étudiants et les établissements, les effets sont immédiats et visibles.
L’impact sur les étudiants internationaux : une crise sur le terrain
Aujourd’hui, le ralentissement des permis d’études dépasse les simples statistiques — il transforme des vies. Les délais s’étendent sur plusieurs mois, et certaines demandes sont refusées sans explication claire. Pour beaucoup, cela ressemble à une véritable crise des étudiants internationaux au Canada.
La situation est particulièrement difficile pour les candidats indiens. Vers la fin de 2024, les approbations de permis d’études en provenance de l’Inde ont chuté d’environ 57 %. Les difficultés rencontrées par les étudiants indiens sont bien documentées, et un article de l’Indian Express a récemment souligné l’ampleur du problème : des familles épuisées financièrement après avoir payé des frais et préparé des dossiers, pour finalement faire face à l’incertitude ou au refus.
Certains étudiants espèrent encore étudier au Canada et sont prêts à attendre la prochaine rentrée. D’autres se tournent déjà vers d’autres pays — l’Australie, le Royaume-Uni et l’Irlande figurent parmi les principales alternatives.
Impact institutionnel : universités et collèges sous pression financière
L’effet domino des changements politiques secoue également le système éducatif canadien. De nombreuses institutions, notamment les collèges publics, dépendaient fortement des frais de scolarité des étudiants internationaux, souvent trois à cinq fois plus élevés que ceux des étudiants locaux.
Les médias décrivent une réaction en chaîne de difficultés financières :
En Ontario, 23 collèges publics sur 24 ont enregistré une baisse de 48 % des étudiants internationaux à partir de septembre 2024, une situation qualifiée d’« alarmante » par Global News.
Cela a entraîné de graves difficultés financières, avec des centaines de licenciements et la suspension ou suppression de nombreux programmes. Sheridan College, par exemple, a suspendu 40 programmes en raison d’une baisse estimée de 30 % des inscriptions et d’une perte de revenus de 112 millions de dollars.
Certains collèges, notamment dans les zones rurales ou éloignées, ont même été contraints de fermer leurs campus.
Les établissements canadiens ferment-ils ou réduisent-ils des programmes à cause de la baisse des inscriptions ? Oui. Il ne s’agit pas de cas isolés, mais d’une tendance généralisée, en particulier en Ontario et en Colombie-Britannique.
Perspectives pour 2025-2026
La question aujourd’hui est : combien d’étudiants étrangers le Canada prévoit-il d’accueillir en 2025 ? Des chiffres plus faibles ne signifient pas nécessairement une crise durable. Le plafond est temporaire, et les institutions s’adaptent.
Diversification des marchés : les établissements cherchent à attirer des étudiants de divers pays.
Accent sur la qualité : orientation vers les universités publiques et les programmes de haut niveau.
Autres options : les étudiants se tournent de plus en plus vers le Royaume-Uni, l’Australie et l’Irlande.
Opinions d’experts et réactions politiques
Les réformes ont suscité un débat intense :
Pari Johnston , présidente de Colleges and Institutes Canada, affirme que les réformes ont causé d’importantes perturbations.
Gabriel Miller , président de Universities Canada, a déclaré que ces mesures ont frappé les universités « comme un tremblement de terre ».
Les responsables de l’IRCC soutiennent que ces mesures sont nécessaires pour protéger les étudiants et préserver l’intégrité du système.
Ce que les étudiants doivent savoir : plan d’action
Peut-on encore étudier au Canada en 2025 ? Oui, mais il faut adopter une approche stratégique.
Quelles provinces sont les plus touchées ? L’Ontario et la Colombie-Britannique.
Quel est l’impact des politiques ? Des restrictions accrues sur les permis de travail et la résidence permanente.
À quoi faut-il faire attention ? Évitez les agents frauduleux et privilégiez les sources officielles.
Conclusion
Les prévisions pour 2025 montrent un environnement plus strict et plus sélectif, marquant un changement important par rapport aux années précédentes. Les politiques cherchent à équilibrer les besoins des étudiants avec les capacités en logement et les ressources publiques.
Comme indiqué dans les récents
rapports UniNewsletter ,
les opportunités existent toujours, mais nécessitent une meilleure préparation et une plus grande adaptabilité.
Pour beaucoup, le rêve reste possible. Le chemin est simplement devenu plus étroit, exigeant davantage de préparation, de recherche et de résilience.