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Les étudiants du Moyen-Orient attendent et souhaitent un soutien par l’IA, et ils envisagent l’avenir avec optimism

Les étudiants du Moyen-Orient attendent et souhaitent un soutien par l’IA, et ils envisagent l’avenir avec optimism

C’est une période passionnante pour l’enseignement supérieur dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). En tant qu’universitaire et économiste, j’ai pu constater de première main la nature transformative de l’éducation et son lien indéniable avec la prospérité d’un pays. Selon la Banque mondiale, le taux d’alphabétisation des adultes dans la région est passé de 39 % à 75,5 % entre 1974 et 2024. Cette progression remarquable témoigne des investissements considérables réalisés dans l’enseignement supérieur. Au cours des cinquante dernières années, le nombre d’universités est passé de 47 à plus de 760, et le nombre de diplômés est passé d’environ un million à plus de 15 millions.

Dans un rapport publié plus tôt cette année, l’Enquête 2025 de Studiosity sur le bien-être des étudiants au Moyen-Orient offre des éclairages essentiels sur l’expérience étudiante, confirmant que, si nous avons de nombreuses réussites à célébrer, de nouveaux défis émergent également. L’enquête, menée par YouGov et Studiosity auprès de 554 étudiants universitaires aux Émirats arabes unis (UAE) et de 511 étudiants universitaires en Arabie saoudite (KSA), nous fournit des données riches et approfondies permettant de formuler des recommandations centrées sur les étudiants afin d’aider les dirigeants universitaires et les décideurs politiques à s’orienter dans ce paysage en pleine évolution.


Un fort sentiment d’appartenance comparé à d’autres régions

Un résultat très positif réside dans le fort sentiment d’appartenance exprimé par les étudiants du Moyen-Orient، qui constitue un indicateur essentiel de réussite. Les étudiants d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis déclarent un sentiment d’appartenance plus fort que celui de leurs homologues dans tous les autres pays étudiés. Cela confère à la région un avantage concurrentiel pour attirer des étudiants à l’échelle mondiale. L’enquête souligne que les horaires flexibles، les liens avec le corps professoral et l’accès à des mentors étudiants renforcent ce sentiment d’appartenance. Les universités doivent continuer à cultiver ce sens de la communauté en proposant des options d’apprentissage personnalisées et adaptées.


Une adoption réfléchie de l’IA pourrait être plus rapide

Un autre domaine d’opportunité réside dans l’adaptation à la montée de l’IA générative. Les étudiants du Moyen-Orient ont les attentes les plus élevées au monde concernant le soutien par l’IA de la part de leurs universités. En réalité, 69 % des étudiants dans les régions étudiées s’attendent à ce que leur université propose des outils d’accompagnement fondés sur l’IA, contre seulement 54 % des étudiants à l’échelle mondiale. Ce résultat constitue un mandat clair pour les universités : fournir des technologies qui améliorent l’apprentissage tout en protégeant l’intégrité académique et en prenant en compte les préoccupations liées au stress et à l’équité. Les principales raisons invoquées par les étudiants pour utiliser des outils d’IA sont l’apprentissage du fonctionnement de l’IA (25 %) et le renforcement de leur confiance dans leurs travaux académiques (18 %). Ainsi, les établissements doivent mettre en œuvre l’IA d’une manière qui inclut un engagement fort entre pairs et avec les enseignants, afin d’éviter tout sentiment d’isolement.

Alors que les attentes envers le soutien par l’IA sont élevées، un étudiant sur trois estime que son université pourrait aller plus vite dans l’intégration d’outils d’aide fondés sur l’IA. À mesure que ces outils deviennent plus ancrés dans la vie académique، les dirigeants universitaires doivent agir pour garantir que les technologies proposées protègent et renforcent les capacités cognitives et les apprentissages des étudiants. Ces initiatives permettraient également aux établissements de répondre aux principales préoccupations liées à l’intégrité académique، au stress et à l’équité. Avec 94 % des étudiants utilisant l’IA pour leurs devoirs et tâches d’étude, et compte tenu des attentes élevées (69 %) quant à la fourniture d’un soutien en matière d’IA, les universités doivent s’adapter rapidement.


Le paradoxe de la pression intense : la “peur de l’échec” comme moteur du stress étudiant

Les étudiants du Moyen-Orient déclarent des niveaux élevés de stress lié aux études, en dépit de leur très fort sentiment d’appartenance. En Arabie saoudite, 61 % des étudiants se disent stressés chaque semaine — voire davantage — et ce chiffre atteint 53 % aux Émirats arabes unis. Cette observation suggère que، même si les étudiants se sentent intégrés dans leurs communautés، les attentes académiques qui pèsent sur eux représentent une menace importante pour leur bien-être mental. L’enquête révèle que près de 40 % des étudiants dans les deux pays citent la peur d’échouer à un examen ou une évaluation parmi les trois principales sources de stress. Cette anxiété n’est pas répartie uniformément. Aux Émirats arabes unis, les étudiantes sont nettement plus susceptibles de citer cette peur comme principal facteur de stress que leurs homologues masculins. De même, les étudiants plus jeunes (18-25 ans) en Arabie saoudite rapportent des niveaux de stress beaucoup plus élevés liés à la peur de l’échec — tout comme ceux qui ne disposent pas d’un emploi rémunéré.

Ces résultats invitent les universités à s’attaquer non seulement aux exigences académiques, mais aussi aux charges psychologiques liées à la performance. Les établissements doivent aller au-delà des ressources de base et promouvoir activement une culture de soutien qui normalise les difficultés، encourage la recherche d’aide et propose des formations ciblées en santé mentale et en résilience afin d’atténuer la pression intense ressentie par cette cohorte spécifique d’étudiants. La mise en place d’écosystèmes de soutien robustes peut transformer la peur de l’échec en confiance dans la démarche d’aide — conduisant، en fin de compte، à la réussite académique. De nombreuses études démontrent que le bien-être mental a un impact significatif sur la performance académique ainsi que sur les perspectives de carrière à long terme. La recherche indique que de faibles niveaux de santé mentale au cours du premier semestre universitaire sont fortement corrélés à un risque accru de sous-performance tout au long du parcours académique. Pour cette raison, il est essentiel que les universités identifient ces problèmes tôt et les traitent efficacement. Par exemple, certains chercheurs soutiennent que les universités devraient prendre en charge la santé mentale des étudiants en mettant en place des groupes de soutien et en créant des outils numériques supplémentaires.


L’optimisme concernant la carrière est fort, mais varie selon les groupes

Enfin, l’enquête met en lumière l’importance d’offrir aux étudiants les compétences nécessaires pour les métiers de demain. Si la majorité des étudiants se disent confiants quant au fait que leur diplôme les prépare à réussir (74 % de confiance nette aux Émirats arabes unis), certains groupes — comme les étudiants à temps partiel — se montrent moins optimistes. Cela représente une opportunité pour les universités de garantir que les services d’orientation professionnelle soient équitables pour tous les étudiants. Il est également essentiel de reconnaître l’importance des compétences en rédaction et en communication en anglais, en particulier pour les étudiants dont ce n’est pas la langue maternelle, et de leur fournir des ressources pour renforcer ces compétences, très recherchées par les employeurs.

Les résultats de cette enquête ont déjà initié des discussions significatives et susciteront sans aucun doute des changements importants. En privilégiant une expérience étudiante positive، en adoptant l’IA de manière éthique et efficace، en offrant un accompagnement ciblé pour faire face à l’anxiété liée à la performance et en garantissant un soutien équitable au développement des compétences، nous pouvons nous assurer que la prochaine génération de diplômés de la région MENA soit préparée aux défis et aux opportunités du monde moderne.