Publié le juin 2026
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Les maladies cardiaques et la neuropathie diabétique évoluent toutes deux de manière silencieuse, souvent pendant des années, avant que les patients ne consultent. À ce stade, les options thérapeutiques disponibles sont déjà considérablement réduites. Ces maladies figurent parmi les problèmes de détection les plus persistants auxquels les systèmes de santé sont confrontés.
Les étudiants en génie biomédical de l’Université d’Ajman (AU), quant à eux, n’ont pas attendu que l’industrie résolve ces problèmes. Ils ont plutôt conçu eux-mêmes les solutions.
Lors de l’Exposition sur l’innovation entrepreneuriale 2026 de l’Université d’Ajman, deux équipes d’étudiants de premier cycle du Département de génie biomédical ont présenté des prototypes fonctionnels conçus pour réduire cet écart en matière de détection.
Pulse : l’application mobile fondée sur l’intelligence artificielle qui évalue le risque de crise cardiaque avant l’apparition des symptômes
Les étudiants Nasima Mohammad Helal et Jon Zaccary Regala ont développé Pulse sous la supervision du Dr Mujeeb Rahman, maître de conférences principal au sein du College of Engineering and Information Technology. L’application génère des évaluations personnalisées du risque cardiaque à partir de données facilement accessibles — l’âge, la tension artérielle et d’autres indicateurs de santé essentiels — mettant ainsi des outils de prévention à la disposition des patients avant qu’une situation critique ne survienne.
Fait remarquable, le prototype a atteint un taux de précision de 98,3 % lors des essais. Pulse a été conçu en accordant autant d’importance à l’équité qu’à la précision, afin d’étendre les soins préventifs aux communautés qui ont un accès limité aux services spécialisés.
L’équipe recherche activement des partenariats avec des établissements de santé et des organismes gouvernementaux afin d’affiner le modèle à l’aide de données adaptées aux réalités régionales.
DiaSens : le dispositif médical qui détecte précocement la neuropathie diabétique, avant qu’elle n’entraîne des ulcères, des infections ou des amputations
Le dépistage conventionnel de la neuropathie présente un problème de fiabilité. Les résultats dépendent fortement des déclarations des patients et de conditions de test variables, ce qui complique le diagnostic précoce précisément au moment où il est le plus crucial.
Les étudiants Mohammed Wattar et Ali Hasan ont conçu DiaSens pour remédier à cette difficulté. L’appareil contrôle avec précision la fréquence, les vibrations et la pression appliquées lors de l’évaluation, permettant ainsi d’identifier le seuil exact à partir duquel la sensibilité est perdue. Il transforme un processus intrinsèquement subjectif en une mesure clinique reproductible et quantifiable.
Les essais en laboratoire sont désormais achevés. La prochaine étape consistera à mener des essais cliniques.
Ce que cela révèle pour l’enseignement supérieur
Ces deux projets sont nés dans des espaces de travail étudiants et non au sein de départements de recherche et développement d’entreprises, une distinction qui mérite d’être soulignée.
Ils illustrent ce que démontrent de plus en plus les universités actives en recherche : lorsque la formation de premier cycle est orientée vers la résolution de problèmes concrets, elle produit des résultats ayant une véritable valeur sociétale, et pas seulement académique.
À l’Université d’Ajman, cette philosophie tournée vers l’extérieur est intégrée à la formation des étudiants en génie biomédical. Autrement dit, ils sont formés non seulement à maîtriser des compétences techniques, mais aussi à identifier les situations dans lesquelles ces compétences peuvent produire un impact mesurable. Pulse et DiaSens illustrent concrètement ce que cette approche permet d’accomplir.
Pour l’ensemble du secteur de l’enseignement supérieur, le message est clair. La démonstration la plus convaincante de la pertinence d’une université ne se trouve pas dans ses déclarations de mission, mais dans les halls d’exposition, dans les espaces de travail étudiants et dans les réalisations d’étudiants de premier cycle qui résolvent des problèmes que l’industrie n’a pas encore réussi à surmonter.