Publié le sept. 2025
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La réussite dans l’enseignement supérieur international ne peut pas se mesurer uniquement au nombre d’étudiants que nous recrutons ou à la diversité que nos campus affichent dans les supports promotionnels. Le véritable succès dépend de la manière dont nous préparons et soutenons les étudiants internationaux après leur arrivée au Canada, et de notre capacité à leur fournir les outils nécessaires pour s’épanouir sur les plans académique, culturel et personnel.
Depuis des décennies, nous qui travaillons dans l’enseignement des
langues au Canada savons que les programmes d’anglais/français à des
fins académiques (EAP/FAP) sont essentiels à cette réussite. Il ne
s’agit pas simplement de cours d’anglais ou de français ; ce sont des
passerelles entre l’aspiration et la réalisation, entre l’arrivée d’un
étudiant et sa capacité à répondre aux normes élevées de nos collèges et
universités. Aujourd’hui, nous disposons de données qui confirment ce
que l’expérience nous a depuis longtemps enseigné.
Une recherche canadienne novatrice
Languages Canada, l’association nationale représentant 170 programmes accrédités d’enseignement de l’anglais et du français, a mandaté Academica Group pour réaliser une étude inédite. En utilisant cinq années de données étudiantes, les chercheurs ont analysé la performance académique de milliers d’apprenants dans six universités publiques et trois collèges publics à travers le Canada, en examinant non seulement les notes, mais aussi la rétention.
Les résultats, publiés en juillet 2025 dans Résultats des étudiants dans lesprogrammes publics d’anglais à des fins académiques, sont frappants :
En d’autres termes, des programmes EAP bien conçus n’abaissent
pas les exigences, ils donnent aux étudiants les moyens de les franchir
et, dans de nombreux cas, de les dépasser. Ce n’est pas seulement une
victoire pour les étudiants eux-mêmes, mais aussi pour les
établissements qui bénéficient d’une réussite accrue, d’une meilleure
rétention et de diplômés capables de rivaliser et de contribuer à
l’échelle mondiale.
Dissiper les idées reçues
Trop souvent, les programmes EAP et FAP sont mal compris et perçus
comme des dispositifs de rattrapage ou comme étant d’un niveau «
inférieur » au travail académique. Cette perception est dépassée et
préjudiciable. L’enseignement des langues ne consiste pas à réduire les
exigences académiques ; il s’agit de donner aux étudiants les outils,
les stratégies et la confiance nécessaires pour atteindre les plus hauts
standards dès le premier jour.
Un programme EAP/FAP efficace plonge les apprenants dans la langue, les conventions et les attentes propres à leurs disciplines choisies. Les étudiants apprennent à interpréter des textes académiques complexes, à mener des recherches, à présenter leurs résultats et à contribuer à des discussions critiques. Ils sont initiés aux règles implicites des salles de classe canadiennes : comment travailler en groupe, quand et comment poser des questions, comment maintenir une intégrité académique rigoureuse et comment établir des relations respectueuses et professionnelles avec le corps professoral.
Et les avantages vont bien au-delà de l’académique. Les programmes de
langues aident les étudiants à s’orienter dans la vie sur le campus, à
comprendre les attentes des professeurs et à tisser des liens avec leurs
pairs du Canada et du monde entier. Ce sentiment d’appartenance n’est
pas un luxe. Les recherches
montrent que la participation à ces programmes est l’un des meilleurs
prédicteurs de la réussite académique et de la rétention, en particulier
au cours de la première année cruciale.
Rétention : pourquoi cela compte pour tout le monde
La rétention n’est pas seulement une statistique institutionnelle. Pour un étudiant, réussir à passer en deuxième année est le signe qu’il s’est adapté sur le plan académique, qu’il a su naviguer les différences culturelles et qu’il a construit l’élan nécessaire pour achever son programme. Pour les établissements, un bon taux de rétention signifie un meilleur retour sur les investissements en recrutement, une solide réputation en matière de soutien aux étudiants et un réseau d’anciens qui rejaillit positivement sur l’école.
D’un point de vue national, la rétention compte aussi pour la
compétitivité du Canada. Chaque étudiant international qui termine ses
études ici renforce notre vivier de talents, contribue à notre économie
et peut devenir un ambassadeur de l’éducation canadienne à l’étranger.
Perdre des étudiants dès la première année en raison de difficultés
évitables est un coût que nous ne pouvons tout simplement pas nous
permettre.
Un investissement stratégique dans la réussite des étudiants
La conclusion de cette étude est claire : un enseignement de qualité en EAP/FAP n’est pas un service optionnel ou de niche destiné à une petite minorité d’étudiants. C’est un investissement stratégique dans la réussite des étudiants, la réputation institutionnelle et la position du Canada en tant que destination privilégiée pour les apprenants internationaux.
Pour les enseignants, cette recherche renforce l’importance de plaider en faveur d’une offre linguistique solide au sein de leurs établissements, avec des programmes disposant des ressources, d’instructeurs qualifiés et d’une intégration dans l’expérience académique plus large qui les rendent efficaces.
Pour les décideurs, elle fournit des preuves tangibles justifiant le financement et le recrutement pour ces programmes, ainsi que leur intégration plus étroite dans le parcours académique de chaque étudiant. Elle souligne également l’importance de veiller à ce que les politiques d’immigration et d’éducation fonctionnent ensemble afin d’accorder aux étudiants le temps de préparation nécessaire avant d’entamer des études universitaires à temps plein.
Pour les étudiants internationaux, c’est un rappel que prendre le temps de bien se préparer peut faire la différence entre simplement faire face et véritablement exceller dans l’enseignement supérieur. Investir quelques mois dans un programme EAP/FAP peut rapporter des années de réussite académique et professionnelle.
Après de nombreuses années dans ce domaine, je ne suis pas surpris par ces résultats, mais je suis encouragé de les voir confirmés en termes clairs et mesurables. Lorsque nous donnons aux étudiants les outils linguistiques, académiques et culturels dont ils ont besoin, ils ne se contentent pas de survivre dans nos établissements. Ils excellent, et ce faisant, ils enrichissent les salles de classe, les campus et les communautés qu’ils rejoignent.