UniNewsletter - Logo
Se connecter/S’inscrire en tant que

L’anglais et le français à des fins académiques :

L’anglais et le français à des fins académiques :

La réussite dans l’enseignement supérieur international ne peut pas se mesurer uniquement au nombre d’étudiants que nous recrutons ou à la diversité que nos campus affichent dans les supports promotionnels. Le véritable succès dépend de la manière dont nous préparons et soutenons les étudiants internationaux après leur arrivée au Canada, et de notre capacité à leur fournir les outils nécessaires pour s’épanouir sur les plans académique, culturel et personnel.

Depuis des décennies, nous qui travaillons dans l’enseignement des langues au Canada savons que les programmes d’anglais/français à des fins académiques (EAP/FAP) sont essentiels à cette réussite. Il ne s’agit pas simplement de cours d’anglais ou de français ; ce sont des passerelles entre l’aspiration et la réalisation, entre l’arrivée d’un étudiant et sa capacité à répondre aux normes élevées de nos collèges et universités. Aujourd’hui, nous disposons de données qui confirment ce que l’expérience nous a depuis longtemps enseigné.

 

Une recherche canadienne novatrice

Languages Canada, l’association nationale représentant 170 programmes accrédités d’enseignement de l’anglais et du français, a mandaté Academica Group pour réaliser une étude inédite. En utilisant cinq années de données étudiantes, les chercheurs ont analysé la performance académique de milliers d’apprenants dans six universités publiques et trois collèges publics à travers le Canada, en examinant non seulement les notes, mais aussi la rétention.

Les résultats, publiés en juillet 2025 dans Résultats des étudiants dans lesprogrammes publics d’anglais à des fins académiques, sont frappants :

  • Dans les universités, les étudiants internationaux ayant terminé un programme EAP ont obtenu de meilleures moyennes pondérées cumulatives (GPA) et présenté des taux de rétention plus élevés que leurs pairs ayant entamé leurs études sans ce soutien linguistique. 
  • Dans les collèges, les étudiants en EAP ont obtenu des résultats comparables à ceux de leurs pairs non inscrits à un programme EAP, une performance remarquable compte tenu de leur niveau initial plus faible en anglais, une fois les facteurs démographiques et les types de programmes pris en compte.

 En d’autres termes, des programmes EAP bien conçus n’abaissent pas les exigences, ils donnent aux étudiants les moyens de les franchir et, dans de nombreux cas, de les dépasser. Ce n’est pas seulement une victoire pour les étudiants eux-mêmes, mais aussi pour les établissements qui bénéficient d’une réussite accrue, d’une meilleure rétention et de diplômés capables de rivaliser et de contribuer à l’échelle mondiale.

 

Dissiper les idées reçues

Trop souvent, les programmes EAP et FAP sont mal compris et perçus comme des dispositifs de rattrapage ou comme étant d’un niveau « inférieur » au travail académique. Cette perception est dépassée et préjudiciable. L’enseignement des langues ne consiste pas à réduire les exigences académiques ; il s’agit de donner aux étudiants les outils, les stratégies et la confiance nécessaires pour atteindre les plus hauts standards dès le premier jour.

Un programme EAP/FAP efficace plonge les apprenants dans la langue, les conventions et les attentes propres à leurs disciplines choisies. Les étudiants apprennent à interpréter des textes académiques complexes, à mener des recherches, à présenter leurs résultats et à contribuer à des discussions critiques. Ils sont initiés aux règles implicites des salles de classe canadiennes : comment travailler en groupe, quand et comment poser des questions, comment maintenir une intégrité académique rigoureuse et comment établir des relations respectueuses et professionnelles avec le corps professoral.

Et les avantages vont bien au-delà de l’académique. Les programmes de langues aident les étudiants à s’orienter dans la vie sur le campus, à comprendre les attentes des professeurs et à tisser des liens avec leurs pairs du Canada et du monde entier. Ce sentiment d’appartenance n’est pas un luxe. Les recherches montrent que la participation à ces programmes est l’un des meilleurs prédicteurs de la réussite académique et de la rétention, en particulier au cours de la première année cruciale.

 

Rétention : pourquoi cela compte pour tout le monde

La rétention n’est pas seulement une statistique institutionnelle. Pour un étudiant, réussir à passer en deuxième année est le signe qu’il s’est adapté sur le plan académique, qu’il a su naviguer les différences culturelles et qu’il a construit l’élan nécessaire pour achever son programme. Pour les établissements, un bon taux de rétention signifie un meilleur retour sur les investissements en recrutement, une solide réputation en matière de soutien aux étudiants et un réseau d’anciens qui rejaillit positivement sur l’école.

D’un point de vue national, la rétention compte aussi pour la compétitivité du Canada. Chaque étudiant international qui termine ses études ici renforce notre vivier de talents, contribue à notre économie et peut devenir un ambassadeur de l’éducation canadienne à l’étranger. Perdre des étudiants dès la première année en raison de difficultés évitables est un coût que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre.

 

Un investissement stratégique dans la réussite des étudiants

La conclusion de cette étude est claire : un enseignement de qualité en EAP/FAP n’est pas un service optionnel ou de niche destiné à une petite minorité d’étudiants. C’est un investissement stratégique dans la réussite des étudiants, la réputation institutionnelle et la position du Canada en tant que destination privilégiée pour les apprenants internationaux.

Pour les enseignants, cette recherche renforce l’importance de plaider en faveur d’une offre linguistique solide au sein de leurs établissements, avec des programmes disposant des ressources, d’instructeurs qualifiés et d’une intégration dans l’expérience académique plus large qui les rendent efficaces.

Pour les décideurs, elle fournit des preuves tangibles justifiant le financement et le recrutement pour ces programmes, ainsi que leur intégration plus étroite dans le parcours académique de chaque étudiant. Elle souligne également l’importance de veiller à ce que les politiques d’immigration et d’éducation fonctionnent ensemble afin d’accorder aux étudiants le temps de préparation nécessaire avant d’entamer des études universitaires à temps plein.

Pour les étudiants internationaux, c’est un rappel que prendre le temps de bien se préparer peut faire la différence entre simplement faire face et véritablement exceller dans l’enseignement supérieur. Investir quelques mois dans un programme EAP/FAP peut rapporter des années de réussite académique et professionnelle.

Après de nombreuses années dans ce domaine, je ne suis pas surpris par ces résultats, mais je suis encouragé de les voir confirmés en termes clairs et mesurables. Lorsque nous donnons aux étudiants les outils linguistiques, académiques et culturels dont ils ont besoin, ils ne se contentent pas de survivre dans nos établissements. Ils excellent, et ce faisant, ils enrichissent les salles de classe, les campus et les communautés qu’ils rejoignent.